Analyse | En route vers les séries, les joueurs du Canadien présents les uns pour les autres
Quelques heures avant que le Canadien officialise enfin sa place dans les séries éliminatoires, l’entraîneur-chef Martin St-Louis expliquait que ses joueurs avaient passé les derniers mois à devenir une équipe. Et il a serré le poing en prononçant ces mots. Le Tricolore est la plus jeune équipe de la Ligue nationale à accéder aux séries cette année, mais c’est la communion entre ses jeunes – ceux qui mènent la charge – et les vétérans qui les soutiennent qui est au cœur de l’esprit qu’il a bâti. Pour un vétéran comme Brendan Gallagher, qui a vu des amis être échangés ou partir à la retraite depuis la finale de la Coupe Stanley de 2021, rester à Montréal durant les années de vache maigre tombait à un moment délicat de sa carrière. Chaque saison passait sans qu’il puisse être compétitif au moment de l’année où cela compte le plus. Il n’a toutefois pas pensé à sa propre situation dans les minutes qui ont suivi la fin du match. C’est vrai que Gallagher est un peu le gardien du secret, étant le seul à avoir vécu les séries éliminatoires à Montréal dans un Centre Bell rempli au maximum de sa capacité. Il fait partie de ces joueurs qui, comme l’avait illustré St-Louis l’an dernier, aident l’équipe à planter un arbre même s’ils n’auront probablement pas la chance de s’asseoir à l’ombre de cet arbre une fois qu’il sera mûr. Or, St-Louis dit avoir ressenti cette saison de la part de ses jeunes joueurs une volonté de redonner aux plus vieux. Gallagher voulait que ses jeunes coéquipiers vivent Montréal en pleine hystérie des éliminatoires? Eh bien, eux voulaient que les vétérans comme lui y retournent le plus vite possible. Belle symbiose. David Savard en est un autre envers qui les plus jeunes se sentaient redevables. Son horizon de joueur n’est pas lointain et c’est un soleil couchant qu’il y a au bout. Tant et si bien que le défenseur avait invité ses enfants à venir assister à la période d’échauffement au banc des joueurs, mercredi soir. Ça prend une certaine signification sachant qu’il était possible que ce soit le dernier match du Canadien cette saison. Son compatriote Alexandre Carrier a paru touché après le match quand la question a été évoquée avec lui. Les joueurs le voulaient vraiment les uns pour les autres. Le capitaine Nick Suzuki a été sur la glace pour les quatre buts face aux Hurricanes, et c’est lui qui a lancé son équipe en avant vers la fin d’une deuxième période difficile avec son 30e but de la saison. Il a été au centre de l’action comme il l’a constamment été depuis la Confrontation des 4 nations. On a fait grand cas de sa discussion avec Kent Hughes à la reprise des activités et du fait que le DG l’avait mis au défi de gagner des matchs s’il voulait le dissuader d’être vendeur à la date limite des échanges. On a cependant tendance à oublier que, dès le tournoi de golf l'an passé, le capitaine avait soutenu que toute la ligue négligeait son équipe. Était-il en mission depuis le premier match pour confondre les sceptiques? On peut certes parler de vétérans comme Gallagher et Savard et du rôle qu’ils jouent, mais ce sont les performances de Suzuki et des autres jeunes talents de pointe qui, de plus en plus, font la différence. Or, Suzuki a soulevé quelque chose d’important en disant que le Bleu-blanc-rouge trouvait toujours le moyen de s’améliorer. Vous savez qui était comme ça? Martin St-Louis. Ce dernier a toujours perçu que son talent fondamental en tant que joueur n’était pas sa vision du jeu ou bien la qualité de son tir ou de ses passes. C’était sa capacité à s’améliorer. Ce serait une extraordinaire aptitude à transmettre à son équipe si, sous sa gouverne, les joueurs ne cessaient de s’améliorer. Le CH est loin du compte, il est encore très croche à certains égards, mais l'accession aux séries dès cette année suggère que le chemin vers la compétitivité sera peut-être moins long que prévu. Le 15 novembre dernier, le Canadien était dernier au classement général de la LNH. Et à l’Action de grâces américaine, deux semaines plus tard – une date qui au fil des ans a donné un bon aperçu des équipes qui participeraient aux séries le printemps suivant – il était encore dernier dans l'Est. Je suis tellement fier des gars. Au 82e match de la saison, confirmer notre place dans les séries à domicile, c’est quelque chose que je n’oublierai jamais. Dans les derniers jours, Guhle est l’un de ceux qui a parlé ouvertement de la difficulté des jeunes à bien gérer leurs émotions. Autant St-Louis que ses leaders ont dû travailler pour faire en sorte que le stress des derniers matchs soit accepté, qu’il soit nommé, et qu’il soit ensuite mis de côté au profit du plaisir de jouer. La pression s’est abattue rapidement sur l’équipe, car vendredi dernier, alors qu’ils avaient 97 % de probabilités de se qualifier pour les séries, les joueurs croyaient que c’était dans la poche. Ils étaient sûrs d'y arriver. Puis, une sorte de brouillard est tombé sur leurs aspirations. Pour Martin St-Louis, qui s’était donné comme mission d’apprendre à son équipe comment gagner cette saison, le défi des derniers jours aura été l’examen final d’une étape que le CH a passé haut la main. À partir de maintenant, tout commence, car le premier tour des séries face aux Capitals de Washington apportera une toute nouvelle gamme d’apprentissages. Mais avant de s’y plonger, St-Louis – le coach sans expérience qu’on a embauché pour qu’il grandisse avec l’équipe – a pris le temps de savourer l’accomplissement. Pour lui, nul besoin de retourner au 15 novembre ou à l'Action de grâces américaine. La réponse de sa troupe après la Confrontation des 4 nations lui a prouvé qu'elle apprenait bel et bien à gagner. Tu veux gagner? Commence par croire en tes chances, peu importe ce qu’elles sont. Cela peut produire des résultats magiques comme celui de cette saison. La neige était tombée une bonne partie de la journée sur Montréal. Est-ce que cela signifiait que l’hiver ne voulait pas finir, que la saison de hockey ne voulait pas finir? Ou bien, au contraire, que Montréal n’était juste pas prêt pour le bal du printemps? Jeunes et moins jeunes du Canadien se sont assurés de bien répondre à cette question.Je suis content pour tous les vétérans qui ont voulu rester ici pendant les années où c’était plus difficile
, a insisté St-Louis après l'officialisation de sa place dans les séries après une victoire de 4-2 sur les Hurricanes de la Caroline.Là, on va avoir une chance d’utiliser leur leadership à cause des séries qu’ils ont jouées.
Ça n’a pas juste été une saison, ça a été trois ou quatre ans à ramer tous ensemble, a-t-il rappelé. Je suis vraiment, vraiment content que ces gars-là puissent vivre la ville dans les séries éliminatoires.
Savy est tellement un bon leader dans le vestiaire, a-t-il dit. Ce qu’il représente pour notre équipe aussi, l’effet qu’il a sur les joueurs, sur nos plus jeunes, ça va vraiment loin. Je suis vraiment content qu’on lui donne la chance de vivre les séries éliminatoires à Montréal.
Suzuki au centre... du succès
Je ne me suis pas mis plus de pression que je m’en serais mis une autre année, a répondu Suzuki. C’est juste que je croyais en ce groupe et en nos entraîneurs.
On trouve toujours le moyen de s’améliorer. On a une séquence de défaites? On apprend quelque chose de cela. On a eu des séquences victorieuses? Elles ont montré à quel point on pouvait devenir dominants. Les gars ont appris des leçons différentes tout au long de la saison, moi inclus.
Pronostics et prévisions météo
On aurait pu jeter l'éponge au mois de novembre, mais on s’est retroussé les manches et on est allés au travail
, a indiqué Kaiden Guhle, qui a connu le premier match de deux buts de sa carrière mercredi.Je suis très fier du groupe, a-t-il dit. En revenant du congé, on avait 2 % des chances de participer aux séries, puis on est partis sur une lancée de 15-5-6 avant de terminer l'année sur une séquence de 7-1-2 alors qu’on essayait de rester devant Columbus, qui était en feu dans le dernier droit.
Pour moi, à 2 %, on avait encore une chance.
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